Sirènes

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Trois femmes installent un vivarium dans un jardin d’acclimatation. Chacune enfile sa queue de sirène. Lumière ! Ça commence. Exposées dans leur bassin, à la vue des visiteurs, elles errent. Musique ! Les sirènes font le show, avec chorégraphie, fumée et maquillage. On est entre le gala de gymnastique, la natation synchronisée et un spectacle d’otaries. Une sirène dévore une carcasse, c’est monstrueux. Une sirène chante, c’est beau et minable. Un dompteur avec une grosse moustache et un costume colonial fait une démonstration. Une sirène prend la parole et dit que c’en est trop, que ça suffit ! Qu’allons-nous faire de nos mythes ?

Mi-femme mi-animal, la sirène est, dans notre imaginaire collectif, une représentation du féminin associée au glamour, à l’érotisme, à la tentation, à la cruauté, ou encore à la naïveté voire à l’idiotie… Hélène Bertrand, Margaux Desailly et Blanche Ripoche s’emparent de cette figure mythologique et inventent un freak show onirique pour en saisir toutes les facettes et les complexités et tâcher de dépasser les clichés désuets qui l’entourent.

Pour ces jeunes comédiennes- metteuses en scène, qui conçoivent et écrivent ensemble leur premier spectacle, donner corps sur un plateau à une figure aussi multiple que mystérieuse, c’est l’occasion de questionner nos mythes, écrits par des hommes, en les tournant en dérision. En jouant avec cet attrait du frisson que l’on retrouve dans les spectacles de bêtes féroces, il s’agit de mettre à nu des fantasmes millénaires sur le féminin mais aussi sur le sauvage et la façon dont l’humain s’acharne à domestiquer corps humains ou animaux pour en faire des êtres de divertissement. Absurde, iconoclaste et poétique, Sirènes secoue notre patrimoine fictionnel pour laisser advenir, qui sait, de nouveaux récits et de nouveaux liens au sein du vivant.

« Il y a tant et tant que nous devons connaître ; Toute une hystoire à recréer, depuis l’empreinte négative des mensonges, depuis les os de dinosaures de la vérité. »
Susan Saxe, « Hystoire » in Je transporte des explosifs on les appelle des mots. Poésie & féminismes aux États-Unis.

Écriture de plateau collective (pour vivarium), mise en scène & jeu : Hélène Bertrand, Margaux Desailly et Blanche Ripoche – Scénographie : Heidi Folliet – Costumes : Léa Gadbois-Lamer – Son : Sarah Munro – Lumière : Alice Gill Kahn – Diffusion : La Loge

Coproductions : TNB, Centre Européen Théâtral et Chorégraphique, Rennes (35) – Le CPPC – Théâtre l’Aire libre, Saint-jacques-de-la-Lande (35) – Théâtre de Poche, Hédé-Bazouges (35) – Théâtre Gérard Philippe CDN, Saint-Denis (93) – Nouveau Théâtre de Montreuil, CDN, Montreuil (93)

Soutiens : Ce spectacle bénéficie du dispositif de soutien à l’activité de compagnies théâtrales bretonnes du Théâtre de Lorient, Centre dramatique national (56) et de l’aide à la création à la résidence de la ville de Rennes Métropole (35)

Partenaires : Théâtre du Cercle / Rennes (35)