Seras-tu là ?

Solal Bouloudnine

Seras-tu là ?

Avec Seras-tu là ?, le comédien Solal Bouloudnine nous plonge dans l’univers d’un enfant des années 90 qui réalise, comme tous les enfants avant et après lui, que tout a une fin, à commencer par la vie. Nous traversons avec lui une vie marquée par l’angoisse de la fin, dans une comédie touchante et vertigineuse.

Une bouchère bourguignonne, un chirurgien facétieux, un rabbin plein d’histoires, une maîtresse en burn out, France Gall… À travers une galerie de personnages un peu fous et au son des chanson de Michel Berger, on rit avec Solal Bouloudnine de l’atrocité du cancer, des maladies vénériennes et cardiovasculaires, gastriques aussi, et cérébrales, de la solitude qui le ronge terriblement, de l’incommunicabilité entre les êtres, de l’enfance insouciante et naïve qui s’en est allée à jamais, viciée par les assauts du monde insurmontable, injuste et cruel.

Seras-tu là ? est un spectacle de variété qui se vit comme une chanson épique, ou l’inverse. C’est un mercredi après-midi entre copains dans une chambre d’enfant où les jouets activent les histoires les plus folles.

La Fabrique des Idoles

MégaSuperThéâtre

La Fabrique des Idoles

Pour échapper au chaos du monde, notre cerveau a mis en place un stratagème très efficace : il construit des fictions, des récits, qui permettent de relier les choses entre elles et ainsi de tisser une logique narrative dans laquelle notre existence aurait un sens.
Grâce à lui nous pouvons évoluer dans un monde quasi cohérent. Et ainsi Survivre.
Trois acteurs partagent la scène devant la communauté constituée du public. Ce sont tour à tour des joueurs, des croyants, des conteurs. Ils jouent à incarner à leur manière des grands récits qui traversent notre civilisation. Nous, la communauté constituée du public, nous serons les voyants. Nous verrons les mécanismes de jeu se mettre en place devant nous. Nous les verrons évoluer dans des dispositifs qui contraignent et influencent leurs comportements et donc par extension leurs récits.
Cette traversée nous l’éprouverons avec eux, en espérant ainsi pouvoir le temps du spectacle regarder en face nos croyances et voir ce qu’elles racontent de nous.

Le Tir Sacré

Petite Foule Productions

Le Tir Sacré

Le Tir Sacré est un duo qui joue avec la musicalité du commentaire sportif. Deuxième pièce de la chorégraphe Marine Colard qui mêle enjeux chorégraphiques et textuels, ce duo explore les liens entre le geste et le commentaire sportif. Quelle relation entre la posture d’excellence et de performance de l’athlète, et l’aspect parfois dramatique et exubérant du commentaire du journaliste ? Performance théâtrale et chorégraphique, Le Tir Sacré est une savoureuse oscillation entre déconstruction minutieuse des lignes du corps et décontextualisation des mots. Jusqu’où ce duo se risquera-t-il dans cette escalade pour toujours plus de performance, pour toujours plus d’émotions ? Jusqu’où se risqueront-elles ensemble ?

Vers le spectre

Compagnie La Crapule

Vers le spectre

Adel est autiste, handicapé, neuro-atypique. On le dit détaché, différent, solitaire, ou violent. Un diagnostic difficile, une affectation à l’infini spectre des troubles. Autour de lui, ses parents, son éducateur, son institutrice, son infirmière, sont chacun.e bouleversé.e à leur manière par ce parcours « inadapté ». Par ricochet, les vies de ces proches se retrouvent inéxorablement impactées…

Pour cette création, Maurin Ollès fait le choix de partir de la question de l’autisme du point de vue des familles et des professionnel.les qui gravitent autour. Quels bouleversements jaillissent de ces trajectoires ? Inspiré de rencontres et en s’appuyant sur des écrits de pédagogues tels que Paulo Freire et Célestin Freinet, Vers le Spectre est une fiction théâtrale joyeuse, plurielle et sonore pour se mettre à l’écoute du « moindre geste » ; déjouer les frontières et s’amuser avec la relativité des normes, et ceci dans un contexte institutionnel et scolaire qui tend à conditionner notre regard sur l’extra-ordinaire.

Entre ses mains

Compagnie Le Grand Nulle Part

Entre ses mains

Des urgences, un service de médecine interne, un service de réanimation et un centre de rééducation. Des infirmier.ière.s, une urgentiste, des aides soignant.e.s, des internes et des externes, une directrice des ressources humaines, une agente d’entretien, deux soeurs venues prendre des nouvelles de leur frère, une interne passée de l’autre côté du lit. 

De ces parcours qui se croisent émerge l’architecture d’un grand bâtiment, une sorte de ville. Présences silencieuses et rituels répétés, urgences ou attentes ; veilles ou soins quotidiens dévoilent un ballet de rencontres dans ce lieu si particulier ; où tout le monde une fois dans sa vie passe, où l’on naît toujours et où l’on meurt parfois. 

Écrit pour cinq comédien.ne.s, ce spectacle nous raconte l’hôpital public du point de vue de celles et ceux qui accompagnent la maladie, soignant.e.s et proches aidants. Il est une traversée sociétale et poétique où se mêlent partitions chorales et intérieures, chorégraphies ludiques et décalées. On y raconte les ratés, les dérapages, les chutes, le fiasco et les débordements ; les déclarations à la vie criées du fond des ventres, à venir en aide, à faire du mieux qu’on peut.

Sirènes

Compagnie 52 Hertz

Sirènes

Trois femmes installent un vivarium dans un jardin d’acclimatation. Chacune enfile sa queue de sirène. Lumière ! Ça commence. Exposées dans leur bassin, à la vue des visiteurs, elles errent. Musique ! Les sirènes font le show, avec chorégraphie, fumée et maquillage. On est entre le gala de gymnastique, la natation synchronisée et un spectacle d’otaries. Une sirène dévore une carcasse, c’est monstrueux. Une sirène chante, c’est beau et minable. Un dompteur avec une grosse moustache et un costume colonial fait une démonstration. Une sirène prend la parole et dit que c’en est trop, que ça suffit ! Qu’allons-nous faire de nos mythes ?

Mi-femme mi-animal, la sirène est, dans notre imaginaire collectif, une représentation du féminin associée au glamour, à l’érotisme, à la tentation, à la cruauté, ou encore à la naïveté voire à l’idiotie… Hélène Bertrand, Margaux Desailly et Blanche Ripoche s’emparent de cette figure mythologique et inventent un freak show onirique pour en saisir toutes les facettes et les complexités et tâcher de dépasser les clichés désuets qui l’entourent.

Pour ces jeunes comédiennes- metteuses en scène, qui conçoivent et écrivent ensemble leur premier spectacle, donner corps sur un plateau à une figure aussi multiple que mystérieuse, c’est l’occasion de questionner nos mythes, écrits par des hommes, en les tournant en dérision. En jouant avec cet attrait du frisson que l’on retrouve dans les spectacles de bêtes féroces, il s’agit de mettre à nu des fantasmes millénaires sur le féminin mais aussi sur le sauvage et la façon dont l’humain s’acharne à domestiquer corps humains ou animaux pour en faire des êtres de divertissement. Absurde, iconoclaste et poétique, Sirènes secoue notre patrimoine fictionnel pour laisser advenir, qui sait, de nouveaux récits et de nouveaux liens au sein du vivant.

« Il y a tant et tant que nous devons connaître ; Toute une hystoire à recréer, depuis l’empreinte négative des mensonges, depuis les os de dinosaures de la vérité. »
Susan Saxe, « Hystoire » in Je transporte des explosifs on les appelle des mots. Poésie & féminismes aux États-Unis.